Caroline Reveillaud




Gigognes (groupshow)

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Graphic design: © Benoît Le Boulicaut






Photos © Samuel Vorms

GLASSBOX.NORD, PARIS, FRANCECUR. EMPLOI FICTIF (SARAH LOLLEY ET CAMILLE VELLUET) & ANDREANNE BEGUIN
Avec le soutien de l’aide à la diffusion de la Ville de Paris et de la SAIF.

There was a jar in Oregon
not this time in Tennessee,
on which I set a crimson pear
without a reason but to see
the charm of chance propinquity
Ursula K. Le Guin,
Derniers poèmes,
Aux Forges de Vulcain, 2023
(p. 192-193.)

L’exposition Gigognes fait référence à ces objets dont la vie sociale consiste à en contenir d’autres. Empruntant L’exposition Gigognes fait référence à ces objets dont la vie sociale consiste à en contenir d’autres. Empruntant à Ursula K. Le Guin le concept de fiction-panier, elle rassemble des oeuvres qui viennent brouiller les frontières entre fonctionnalité et passivité. Toutes sontdes réceptacles qui agrègent – sans intentionnalité déterminée – des fragments, des résidus, des traces plus ou moins apparentes. Ici, les pièces présentées se définissent par leur habilité à se muer tour à tour en enveloppes, sacs, boîte à souvenirs, buffet de grand-mère ou en fourre-tout. L’exposition vient mettre en lumière l’élément premier de l’essai d’Ursula K. Le Guin – le contenant – de manière à interroger la prise de fonction de certaines oeuvres. En d’autres termes, elle s’attache à souligner leur capacité à servir d’objet accueillant, d’écrin au sein duquel se nouent des anecdotes, des bribes d’histoires (petites ou grandes) que l’on retrouve tôt ou tard dissimulées au fond d’une armoire, dans les allées d’un espace de stockage, entre les pages d’un livre. Donnant à voir ou occultant les éléments qu’elles contiennent – simples silhouettes dont on discerne le contour ou la peau recouvrant d’autres objets – ces oeuvres s’attachent à archiver et conserver. Elles agissent comme des palais de la mémoire dans lesquels s’accumule une part de nos souvenirs. Leurs qualités tantôt ergonomiques, tantôt infrastructurelles témoignent de nos choix, conscients ou non, de garder ce qui nous est cher – mots comme artefacts – en les enfermant ou en les exposant en différents endroits. Certaines pièces poussent le subterfuge, devenant à leur tour le système de monstration – socles, étagères, cadres – qui les accueille traditionnellement. Les artistes réuni·es à Glassbox-nord évoquent chacun·e à leur manière cette porosité entre ce qui est contenant et ce qui est contenu, ce qui fait des tiroirs, des secrétaires et des coffres « la maison des choses ». Pour ce faire, Jot Fau travaille une technique de recouvrement qui vient conférer une existence autre aux objets anonymes qu’elle enveloppe de cuir avec une attention au détail qui les mue en objets protecteurs.

Sans nier la vie antérieure des objets, l’artiste souligne au contraire l’usure, les défauts et la vulnérabilité associés à des gestes tendres et réparateurs. Les sculptures de Lisa Bravi s’apparentent quant à elles, à des fac-similés de meubles laissant parfois entrevoir des bribes de documente écrits, les pages de livres éparses qui font écho aux poèmes-enveloppes d’Emily Dickinson. De ce contenants factices démis de leurs fonctions se dégage une nostalgie qui fait écho aux vitres cassées découpées dans le tulle, à l’effet moiré des coutures mimant la texture du bois et au motif de l’enveloppe scellée en points sujetés. Caroline Reveillaud produit du mobilier conçu pour accueillir différents éléments visuels et textuels liés à ses recherches sur la construction des images. Agencés comme des éditions, ses pièces peuvent s’apparenter aux pages d’un livre mis en espace, interrogeant leur capacité structurelle à classer, catégoriser et trier, héritée des taxinomies rationalistes et des collections muséales qui en émanent. Alexandre Nitzsche Cysne travaille à partir d’objets personnels ou d’artefacts trouvés, archivés et transportés au fil des années et de ses séjours entre le Brésil et la France – ongles, dents de lait, ballons, gommes usagées, savons érodés – qu’il déploie au sein d’installations et qui se font pour lui les garants de quotidiens passés. Les fragments d’objets personnels qu’Alexandre Caretti accumule au sein de sachets plastifiés s’élèvent au rang d’autel. Conçus comme des albums souvenirs, ils sont autant de fragments intimes, de ceux qui traînent depuis des années dans nos placards et qu’on ne peut pourtant se résoudre à jeter. Amies de longue date, Clara Valdes et Jane Bidet ont construit leur pratique commune au sein du duo Giga Dinette autour du plaisir de jouer ensemble et avec. À partir de services de vaisselle, aux dimensions plus ou moins fonctionnelles, et par un détournement des échelles, elles s’amusent des principes de l’échange marchand et des jeux de l’enfance pour mettre en scène d’inépuisables scénarios.
Gigognes rend compte de la charge affective des boîtes et autres mobiliers qui renferment des bouts de nos vies. Elle pointe une tendance esthétique qui met en tension les limites d’une oeuvre et de son agentivité. Rejouant le Droste effect à travers un inépuisable système d’emboîtement, l’espace devient lui-même le réceptacle de ces tiroirs sans fond. À travers un jeu d’échelles et d’enchâssement, l’exposition s’emploie à réunir des oeuvres-étagères, des pièces qui viennent se soustraire plutôt qu’elles ne se révèlent, des objets tronqués, des mots qui ne se lisent pas, des contenants qui ne contiennent rien, du mobilier qui s’emploie à nous décevoir.

Emploi fictif







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they built up the picture (soloshow)
Graphic design: © Studio Barré Mathieu

KOMPLOT, BRUXELLES, BELGIQUECUR.: THIBAUD LEPLAT
Support: ADAGP 2024, CNAP 2022, FWB, COCOF, VGC et la commune d’Anderlecht, co-production Gilbard
With a sound piece and a live set by Elodie Lecat
JAN 2026 - FEB 2026
 
Fr

Chère Caroline,
Je t’écris depuis la place du Conseil, où nous préparons avec hâte ton accueil. La neige s’accumule et je me réchauffe en buvant un café. La salle d’exposition est encore vide; seuls les motifs en spirale serpentent sur les murs, et j’attends l’arrivée de tes pièces. Je repense au moment où nous avons commencé à travailler ensemble, en septembre 2024. À cette époque, tu développais une recherche entamée deux ans plus tôt, prenant pour origine l’étude d’un animal énigmatique que je ne connaissais pas encore: un bivalve du groupe des mollusques; la moule d’eau douce. Totalement inédit à mon regard et à ma connaissance, tu m’as expliqué qu’il filtre l’eau, qu’il réagit à son environnement, que sa coquille garde les traces, entre autres, des variations de température et de l’acidité de l’eau. Depuis, je le vois, et le regarde autrement. J’ai été immédiatement surpris par la manière dont tu amènes ce sujet vers tes intérêts pour l’image. Comme nous nous connaissons depuis quelques années, nous avions pu parler de nos réflexions communes sur le paysage (Summa IOS, 2019), les reproductions d’œuvres d’art (Glitch, 2022), et voilà que tu ouvres le champ de tes recherches à des images qui se produiraient en dehors de l’humain·e. Tu explores l’image à l’aune d’une écologie contemporaine, où le vivant non-humain deviendrait sujet et producteur d’images. J’ai également une histoire avec les moules.  


Ayant grandi sur les côtes bretonnes, il m’est arrivé d’en pêcher en eau salée. À l’époque, je ne me posais pas vraiment de questions: ni sur leur origine, ni sur leur nom, ni sur leur manière de vivre - après tout, ce n’en était pas la démarche. En t’écoutant me parler de la moule d’eau douce, collectée, exploitée pour l’industrie de la nacre, menacée, protégée, méconnue... ces souvenirs sont revenus avec une nouvelle intensité. Ce travail bouleverse en quelque sorte ma propre perception, à la fois sur le plan conceptuel et intime, et mon regard porté vers l’autre, non-humain·e. En racontant cette histoire, je constate peut-être un peu naïvement mais honnêtement, qu’entre l’animal discret et moi, j’entretenais inconsciemment un hiatus. Je ne pensais pas qu’un animal aveugle puisse ‘être au monde’ de manière aussi imbriquée à son milieu et aux autres vivant·e·s et non-vivant·e·s qui l’entourent. Aujourd’hui, nous voilà en janvier 2026, nous y sommes. Pour introduire l’exposition, j’ai beaucoup de plaisir à penser au titre que tu as choisi : they built up the picture. Ils, elles, iels, construisent l’image du vivant- à la fois le bivalve en dehors de toute manipulation humaine, ainsi que celles et ceux qui l’observent avec soin, celles et ceux qui l’exploitent, le mesurent, le quantifient et aujourd’hui le préservent. Finalement tous.tes cell·eux qui le rappellent à nous.Je ne sais plus très bien où elle commence et si elle a une forme finale. Et c’est précisément prise dans cet ensemble de relations hétérochrones qu’elle apparaît: l’image en creux d’une attention au vivant. Ton image écologique, celle constituée de regards adressés, qui se reconsidère en zone sensible: un espace en tension habité de milliers d’yeux. Pour tout cela, je te remercie sincèrement. Je retourne à mon café, à mon chauffag d’appoint et à nos to-do lists d’avant vernissage.
Finger crossed, tout sera prêt à temps.

On se
retrouve très vite.

Amicalement,
Thibaud


Photos: © Lola Pertswosky
  Elodie Lecat, Live set, Komplot Bruxelles


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Biomimético-imago (solo)


  Photo: ©Aurélien Mole  




GALERIE FLORENCE LOEWY, PARIS, FRANCECUR.: THIBAUD LEPLAT
Support: ADAGP 2024, CNAP 2022 
DEC 2025 - FEB 2026
 FR

Dans les volutes du papier marbré, se dessinent des cours d’eau.À la Galerie Florence Loewy, des ruisseaux affluent : ceux que Caroline Reveillaud a pu observer depuis 2022 et qu’elle fait resurgir ici, pour cette exposition. Au creux de leurs lits, vit un animal silencieux et discret : le bivalve d’eau douce, sentinelle de nos écosystèmes. Ce témoin de notre histoire a traversé avec patience les âges de la Terre et recouvre avec peine nos territoires actuels.Dans ses précédentes expositions, les films, sculptures et éditions de Caroline Reveillaud interrogeaient nos rapports aux représentations issues de l’héritage moderne qui parcourt l’art et son histoire. Pour l?exposition Biomimético-imago,
l’artiste opère un déplacement : elle s’éloigne de ce que produit l’art et se tourne vers ce que produit le vivant. Elle s’intéresse à l'idée d’une image sensible[1] : une pré-image formant un espace intermédiaire, où sujet et objet n’ont de cesse d’interagir. Une image qui ne serait plus une représentation fixe et plane, mais une forme élastique et plastique. Un sas avant l’image, un réseau de strates dynamique et organique, une somme de relations.Les bivalves nous informent sur la qualité de nos cours d'eau, sur l’histoire de la Terre, celle de notre culture et de notre économie, ainsi que sur les écosystèmes fragiles et en péril à l’heure de l’écologie contemporaine[2]. On les retrouve également au coeur de nos représentations dans le domaine des sciences, celles-là même qui ont contribué à l’élaboration de l’objectivité[3] scientifique. L’artiste nous invite à envisager cet animal et ses espèces comme un catalyseur, un noeud dans l’espace et dans le temps, qui constitue cette image avant l’image et élabore une écologie qui lui est propre. Les deux pieds avertis dans les rivières et entourée de veilleur.euses éclairé.e.s (chercheur.euses, responsables de collections ethnographiques et zoologiques, écologues, naturalistes, biologistes, scientifiques, etc.), l’artiste nous donne à voir cette moule d’eau douce comme une image sensible, qui nous éclaire sur la teneur de nos rapports au vivant.


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[1] Emanuele Coccia, La vie sensible, Rivages, 2018
[2] Économique (industrie du bouton de nacre, perliculture), culturelle (artefacts)  et sur les écosystèmes fragiles et en péril de notre histoire écologique contemporaine (plan nationaux d’action pour la préservation de mulettes).

[3] Lorraine Daston, Peter Galison, Objectivité, 2012

[4] Le programme LIFE pour la réintroduction de mulettes perlières en rivière de Bretagne arrivant à sa fin en 2021, l’écologue Ronan Le Mener réalise à partir de bois récupéré d’une armoire bretonne familiale des boîtes imputrescibles pour la mise en rivière des mulettes juvéniles.




Pour sa quatrième exposition à la Galerie Florence Loewy, Caroline Reveillaud présente trois sculptures à hauteur de regard. Leurs formes empruntent au cabinet de curiosités, au lutrin ; des dispositifs qui ordonnaient autrefois les collections. Elles évoquent l’avènement du naturalisme moderne au XVIIIe siècle, période charnière où l’observation minutieuse du vivant devient méthode, où la connaissance passe par la mise en vue (truth-by-nature). Les dessins naturalistes instauraient un rapport direct entre l’oeil et le sujet : on montrait pour apprendre, on rassemblait pour comprendre. Avec Biomimético-imago, l’artiste réemploie cette économie du regard, en prolongeant jusque dans la fabrication de ses sculptures des techniques empruntées à sa pratique de la reliure. Si son film éponyme ne sera présenté sous la forme d’images en mouvements qu’en 2026, l’artiste montre ici sa version sculpturale, composée de trois espaces distincts. À la manière de bandes filmiques, ces assemblages d’objets hétéroclites composent des images fragmentaires. Un premier chapitre évoque le musée, ses collections et le dessin d'après nature. Sont présentés, un ouvrage naturaliste, une tabatière victorienne, des gravures et des anodontes des cygnes. Un second chapitre nous conduit au laboratoire, où la vision et la connaissance sont augmentées par la biologie moléculaire et la
reconstruction d’images en 3D.
Y apparaissent des disques de machines à rayons X et un picking tray, cette petite coupelle quadrillée utilisée pour compter et séparer différents spécimens. Enfin, un troisième chapitre nous mène sur le terrain de l’observation, des associations et des plans de préservation. On y trouve une boîte de mise en rivière de mulettes juvéniles réalisée à partir d’une armoire bretonne[4], ainsi que des images témoignant de ces pratiques participatives.
Les trois sculptures préfigurent un geste inaugural qui renvoie au récit de Pline l’Ancien sur le mythe fondateur de la peinture : la première image naît du contour d’une ombre projetée sur un mur, produisant une tension entre anticipation et représentation. Dans cet environnement liminaire où plusieurs temporalités coexistent, nous devenons les observateur.rices d’une oeuvre sculpturale qui suggère une oeuvre filmique sans la dévoiler. Au coeur de cet entre-deux se tapit la promesse de quelque chose qui vient, comme cette image sensible, complexe et déterminante, qui était peut-être là depuis le début.

Thibaud Leplat




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Ce projet a bénéficié du soutien du CNAP ? Centre national des arts plastiques (aide à la production et à la recherche 2022), de l?ADAGP (dotation pour la recherche 2024) ainsi que du Domaine de Kéravel ? Filière Béton.


  Photos: © Aurélien Mole   
BIOMIMETICO-IMAGO (ongoing research)

ONGOING PROJECT
2022 - ... SUPPORTED BY CNAP

https://www.delpireandco.com/produit/biomimetico-imago-bivalve-image-sensible/
SKY HEART WATER PAPER (groupshow)



graphic design: Theophile’s papers

LIBRAIRIE DELPIRE&CO, PARIS, FRANCE
SILENCIO DES PRES, PARIS, FRANCE
NOV 2023
CURATOR: THEOPHILE CALOT

SKY HEART WATER PAPER - THEOPHILE CALOT  (ENG)
Dans le cadre de Photo Saint Germain
delpire & co a le plaisir de réunir ces quatre artistes qui ont en commun d’envisager l’art comme un vaste terrain de recherche et d’expérimentation. Elles prennent comme point de départ notre habitat naturel et l’interrogent au fil d’observations, de manipulations, de recherches, de collaborations, d’archivage, de compilations. Elles appliquent cette approche aux objets qu’elles appréhendent avec une même appétence pour les terrains primaires, pour les questions liées à la Terre, à l’Univers. Ainsi, elles investissent sans distinction des territoires immenses et spectaculaires, ou d’autres, plus subtils et ordinaires.

Il y a pour chacune d’entre elles une intelligence et une habileté à manipuler les images qu’elles auront pris soin de rassembler et/ou de fabriquer – en les faisant passer d’un registre à un autre, d’un support à un autre, qu’il soit éditorial, photographique, cinématographique ou de l’ordre de l’installation.
Caroline Corbasson, Pauline Julier, Caroline Reveillaud et Batia Suter se rejoignent également sur l’attention particulière qu’elles accordent à l’objet éditorial, en l’appréhendant chacune avec singularité, fluidité et précision.
La librairie a le plaisir de présenter une pièce, un ou plusieurs livres et une vidéo de chacune des artistes.


Théophile Calot 

photo: Caroline Reveillaud 

with Caroline CORBASSON, Pauline JULIER & Batia SUTER

HOW DO WE LEARN TO FIND EACH OTHER? (groupshow)



graphic design: Rudy De Souza

AU LIEU, PARIS, FRANCE 
SEP 2023
CURATOR: NOELIA PORTELA / PERSONA CURADA
IN.PLANO SUPPORTED BY LA FONDATION DE FRANCE

HOW DO WE LEARN TO FIND EACH OTHER
- NOELIA PORTELA

[...] In Navigation sans Instruments by Caroline Reveillaud we find the artist’s latest research of an ongoing project, produced during her residency at La Reunion, this past spring. In the words of the artist “[...] Biomimético-Imago, is a longterm project around sensitive images, divided into several chapters that started between 2022 and 2023. The Biomimético-Imago project begins with work on bivalves, establishing that this animal crossed by all fields of human and social sciences constitutes itself a sensitive image, a potential image. I recently continued this research during my two-month residency in La Friche, Réunion, with the Cnap Suite Program through a new prism, that of an Island crossed by gestures and relationships between humans and non-humans, constituting the potential image of a critical zone, that is a layer of life composed of living beings interconnected to resources, to the environment. 

The film Navigation sans instruments resulting from the research residency, is built on a topographical timeline: according to a geological section of the Island, crossing it from the sea to the sea passing through the land (plains , cirques, mountains, forests, rivers, savannah); These landscapes are punctuated by meetings of different inhabitants and their actions in relation to the island environment and lists of elements enumerating the geological and stratigraphic layers of the different places. Opening with a shorter conclusion which exposes other types of gestures, those belonging to the institution and which establish a memory, a social construction which obeys its own logics: with the classifications, restorations and conservations of the Archives Departmental, filming the observation, digitisation and sorting of newly arrived archives, the restoration of archives, consultation in the reading room; and taxidermy and the study of animal species from the Natural History Museum of Saint-Denis, filming an entomologist and a taxidermist laying eyes (glass beads) on a Mauritius Blackbird in a final paradoxical gesture (taxidermic paradigm) echoing the concept of Wilderness in a disastrous conservationist impulse, preserving what is doomed to disappear and completing the death of the animal.” [...]

photo: Caroline Reveillaud

with Tania GHEERBRANT, Isadora SOARES BELLETTI & Chloé QUENUM

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EXHIBITIONS
NAVIGATION SANS INSTRUMENTS (soloshow)



graphic design: Naïa Larregui

LA FRICHE, LE PORT, LA REUNION
JUN-AUG 2023
PROGRAMME SUITE CNAP 2023

CAROLINE REVEILLAUD À AT LA FRICHE, LA RÉUNION - ETIENNE HATT - ArtPress
(ENG)
Située dans la commune du Port,
au nord-ouest de La Réunion, La Friche
accueille l’exposition Navigation
sans instruments de Caroline Reveillaud
(2 juin-28 juillet 2023).

Qui a la chance de connaître le travail de
Caroline Reveillaud, née en 1991 et diplômée
des Beaux-Arts de Paris en 2016, sera surpris
par sa proposition pour La Friche de La Réunion. Ses dernières expositions montraient une artiste intéressée par l’image et ses conditions techniques et culturelles d’apparition et de perception. En 2022, à la galerie Florence Loewy à Paris, Sharp-Eyed mettait en scène, en un film et des photographies spatialisées agrémentées d’outils de mesure, des reproductions de chefs-d’œuvre de l’histoire de la peinture tandis que, deux ans auparavant, à la Villa du Parc, centre d’art contemporain d’Annemasse, La tela, il legno, le pareti, i colori explorait l’imaginaire du paysage né à la Renaissance. Comme ces deux expositions, son nouveau projet est une installation. S’y mêlent images fixes et mobiles, volumes et objets. Mais, élaboré sur place au cours d’une résidence de deux mois, il déplace doublement le propos. D’une part, l’image en tant que représentation médiée et matérielle cède la place à l’image sensible, notion empruntée à la Vie sensible (Payot et Rivages, 2010) du philosophe Emanuele Coccia qui désigne les différentes formes de sensibles produites, dans leurs relations, par les êtres vivants, humains et non-humains, et dont le médium est le corps. D’autre part, l’occidentalocentrisme de ses travaux antérieurs s’efface pour mieux embrasser la réalité réunionnaise. Une autre lecture l’a accompagnée dans ce changement, celle d’Immersion (La Découverte, 2023) de l’anthropologue Hélène Artaud.  Sous-titré Rencontre des mondes atlantique et pacifique, il met en regard les perspectives atlantique – occidentale – et pacifique dans l’appréhension de l’océan. Si les Occidentaux ont multiplié les outils (instruments de navigation, cartes, etc.) pour dominer la mer et la peur qu’elle a longtemps suscitée, les peuples du Pacifique ont développé un rapport sensoriel à l’océan dépourvu d’une médiation technologique comparable à la leur.

CARTOGRAPHIE POÉTIQUE
Arrivée avec l’intention de dresser une « cartographie poétique » des images sensibles produites par les vivants dans leurs relations entre eux et avec leur environnement entendu comme une réalité écologique mais aussi historique et culturelle, Caroline Reveillaud a tôt la belle idée directrice du documentaire expérimental qui constitue le cœur de son projet. Frappée par la volonté occidentale de « continentaliser » La Réunion en développant l’agriculture plus que la pêche et en détournant les esclaves de la mer et de l’horizon qu’elle pouvait leur offrir – à tel point que le marronnage s’établira dans les hauteurs des cirques –, elle a construit son film comme une coupe topographique de l’île volcanique conduisant d’un rivage à l’autre en passant par la diversité des espaces traversés, plaines, forêts, cirques, etc. Ces vues de paysages alternent avec des séquences montrant des gestes « traversés par l’île » : tressage d’herbes hautes, plantation d’espèces endémiques, chants en créole réunionnais, etc., jusqu’à la pratique du surf. La bande-son comprend des ambiances captées dans les paysages, les propos des personnes rencontrées et, comme dans ses films précédents, un texte rédigé par l’artiste qui s’attache à ce qu’on voit à l’image, mais aussi à ce qui y échappe. Dans l’exposition à La Friche, ce film de plus d’une heure voisine avec un autre, plus court, qui, réunissant deux séquences tournées aux Archives départementales de La Réunion et dans l’atelier d’un taxidermiste, s’extrait de toute relation au vivant pour offrir un contrepoint creusant la question de la mémoire et de la préservation. Ils sont accompagnés par une grande table percée par endroits pour laisser apparaître des objets qui témoignent du projet. À ces créations répondent des reproductions de gravures et cartes postales anciennes issues de l’Iconothèque historique de l’Océan indien. Cette fois, contrairement à ses travaux antérieurs, nulle appropriation ne guide l’artiste. Elle s’est contentée d’en agrandir une seule pour la placer sur la table. La vingtaine d’autres conservent leur nature de documents donnant une profondeur historique aux films et objets présentés. À chaque sujet, sa méthode et ses formes. 

Etienne Hatt 


photo: Caroline Reveillaud


SIGNIAU (groupshow)

graphic design: Tom Cazin

DOC!, PARIS, FRANCE
MAR 2023
CURATORS: MARGAUX BONOPERA & BERENICE LEFEBVRE

SIGNIAU 
- MARGAUX BONOPERA
(ENG)

Un signal (étymologie, XIVemes, signiau) est une marque distinctive, un signe grâce auquel une information circule. Lorsque celui-ci  est perturbé, l’information qui nous arrive subit une torsion et devient dysfonctionnelle. Si l’altération est trop grande, ce qui a été   fragilisé peut alors devenir inutile. Or, cette inutilité n’est préjudiciable qu’au sein de structures pensant les liens entre les choses à  partir de rapports objectifs, utilitaires et rentables au monde. Les six artistes réuni·es dans cette exposition semblent toutes et tous  sceptiques, presque inquiet·es face aux évènements qui fonctionneraient trop bien. Toutes et tous entretiennent une relation   ambiguë à ce qui fait défaut : aux images abîmées et aux mots contrariés. C’est lorsque ça déraille, que ça passe mal, que ça laisse   des traces qu’ils et elles commencent à prendre des notes. Ce qui importe, ce n’est plus de capter la 5G ou pas, mais plutôt la  manière dont l’absence de réseau nous oblige dès lors à communiquer. Si le texte et les images demeurent parmi les principaux  signiau de nos sociétés, à quoi servent-ils quand ils sont abîmés ? 
Pour travailler, les artistes réuni·es ici ont en commun une méthode en deux temps. Tout d’abord, ils et elles produisent une banque d’images ou de textes au sein de laquelle ils et elles puisent, puis font ensuite subir une transformation matérielle et physique aux  objets regroupés. Au cours de ce changement, le signal est alors altéré laissant apparaître des esthétiques et des stratégies particulières, et c’est ainsi que les torsions deviennent œuvres. 

Pour modifier, utiliser et s’emparer d’informations, Caroline Reveillaud et Juliette George utilisent des techniques de traduction6 et  de montage. Selon Caroline les techniques ne sont pas seulement des savoirs conduisant à des manières de faire, mais également  des structures engageant et modifiant notre perception et notre réception des images. C’est précisément ce rôle d’intermédiaire  qui l’intéresse et cela s’explique par le fait que l’artiste a eu connaissance de l’art de son histoire avant tout via des images imprimées  (magazines, livres de vulgarisation ou documents historiques à visée analytique1). L’artiste pense ces datas (images, textes,  documents) comme une linguiste qui tenterait de trouver l’origine des mots tout en interrogeant leurs utilisations actuelles. 
Cependant, le discours n’est en aucun cas l’enjeu de l’artiste dont la pratique cherche avant tout à amener le spectateur à douter  de ses interprétations perspectives construites à partir de données sensorielles, elle utilise ainsi des techniques qu’elle vient   volontairement contrarier pour mieux laisser transparaître les processus de fabrication des images.   
[...]
SIGNIAU est une tentative incertaine de regroupement, un brouillage de piste et un panel de stratégies mis à notre disposition pour mieux s’émanciper des systèmes de contrôle et d’organisation de nos sociétés actuelles. SIGNIAU floute pour mieux nous inviter à  nous regrouper. Et c’est ainsi que les torsions deviennent œuvres. 

photo: objets pointus

with Camille BENARAB-LOPEZ, Juliette GEORGE, Jean-Baptiste GRANGIER, Bérénice LEFEBVRE & Victor VAYSSE

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EXHIBITIONS

DE LEUR TEMPS (7) (groupshow)


graphic design: FRAC Grand Large

FRAC GRAND LARGE, DUNKERQUE, FRANCE
JAN-APR 2023
CURATORS: DANIEL BOSSER, KEREN DETTON, ADIAF

DE LEUR TEMPS (7), un regard sur les collections privées - KEREN DETTON
(ENG)

Le Frac Grand Large est une institution dédiée à la constitution d’une collection publique d’art contemporain. Ses espaces d’exposition accueillent aujourd’hui des collections privées. Mais qu’est-ce qu’une collection ? Comment s’opèrent les choix artistiques et quelles visions de l’art et de la société véhiculent ces collections ? Quels rapports entretiennent-elles avec les institutions publiques ?  En accueillant la septième édition de la triennale « De leur temps », proposée par l’ADIAF, le Frac présente des œuvres contemporaines qui donnent à voir de nouvelles formes de représentation, proposent d’autres manières de se relier à notre environnement, revisitent des histoires oubliées. Entre expression de l’intime et adresse publique, ces œuvres montrent un esprit du temps traversé de doutes, de visions et d’émotions. [...]
Certains médiums comme la peinture continuent d’occuper une place de choix – ici près de la moitié des propositions. Mais l’hétérogénéité et la qualité exceptionnelle des œuvres proposées permettaient d’aborder une grande diversité de pratiques. Nous avons privilégié un parcours à travers des thématique qui abordent la critique des images et des représentations, aussi bien dans le renouveau des grands sujets de l’histoire l’art (portrait, paysage, vanité) qu’au travers de productions plus abstraites autour de la spécificité des médiums (leurs supports autant que leurs histoires). 

L’accrochage opère ainsi des rapprochements et des tensions entre des esthétiques de différents héritages (art optique, pop, expressionniste, conceptuel). Les formes plus narratives entrent en résonance avec les tremblements du monde contemporain, ses crises sanitaire et climatique, ses outrages aux corps et aux démocraties. [...] Alors que le Frac Grand Large fête aujourd’hui ses quarante ans – et par la même occasion l’engagement des politiques publiques en faveur de la décentralisation – l’occasion était trop belle de pouvoir, dans le même temps, lever le voile sur des passions privées, en permettant une compréhension plus vaste des liens que le public et le privé tissent autour et avec l’art. Si l’institution apparaît comme l’instance de légitimation d’une carrière artistique, confirmant dans le même mouvement sa valeur marchande, il convient de rappeler comment sont nées les grandes collections publiques et la manière dont les donations privées continuent d’alimenter les musées. Aussi, nous sommes ravis qu’aux côtés des collectionneurs de l’ADIAF des Amis du Frac Grand Large aient souhaité participer, et contribuer à cette dynamique d’ouverture et de partage, des valeurs qui nous unissent. Avec plus de cent vingt œuvres issues d’une soixantaine de collections, l’exposition vient souligner des écarts et des échos où s’estompent les choix particuliers. À l’affut de la nouveauté, ces collectionneurs et collectionneuses nous invitent à naviguer au sein d’une large diversité d’expressions et à construire notre propre chemin.



photo: Aurélien Mole

with ADD FUEL, Saâdane AFIF, Jean-Michel ALBEROLA, Giulia ANDREANI, Kader ATTIA, Marcos AVILA FORERO, Esmaël BAHRANI, Bertille BAK, Éric BAUDELAIRE, Mélanie BERGER, Bianca BONDI, Étienne BOSSUT, Emmanuelle BOUSQUET, Aline BOUVY, Szabolcs BOZÓ, David BROGNON et Stéphanie ROLLIN, Cornel BRUDASCU, Io BURGARD, Damien CABANES, Miriam CAHN, Michael Ray CHARLES, Julian CHARRIÈRE, Grégory CHATONSKY, Vajiko CHACHKHIANI, Delphine CIAVALDINI, Claude CLOSKY, Isabelle CORNARO, Jesse DARLING, Edith DEKYNDT, Hélène DELPRAT, Nolan Oswald DENNIS, Hugo DEVERCHÈRE, David DOUARD, Nicolas DHERVILLERS, Mathilde DENIZE, Nathalie DJURBERG et Hans BERG, Marlene DUMAS, Kenny DUNKAN, Hoël DURET, Mimosa ECHARD, Hans-Peter FELDMANN, Esther FERRER, Gabriel FOLLI, Bruno GADENNE, Daiga GRANTINA, GUERILLA GIRLS, Terencio GONZÁLEZ, Ilona GRANET, Juliette GREEN, Myriam HADDAD, Tirdad HASHEMI, Paul HEINTZ, Damien HIRST, My-Lan HOANG-ThUY, Danielle JACQUI, Oda JAUNE, Sophie KITCHING, Kapwani KIWANGA, Sergey KONONOV, Anna KUTERA, Lucie LAFLORENTIE, Luc LAPRAYE, Hanne LIPPARD, Jonas LUND, MADSAKI, Paul MAHEKE, Benoît MAIRE, François MANGEOL, Teresa MARGOLLES, Randa MAROUFI, Rayane MCIRDI, Anita MOLINERO, Franck NOTO, Prune NOURRY, Josèfa NTJAM, Estefanía PEÑAFIEL LOAIZA, Françoise PÉTROVITCH, Gloria PETYARRE, Grayson PERRY, Walter PFEIFFER, Amalia PICA, Benoît PIERON, Joanna PIOTROWSKA, Robin PLUS, Julien PRIMARD, Hervé PRIOU, Enrique RAMIREZ, Emmanuel RÉGENT, Caroline REVEILLAUD, Lili REYNAUD-DEWAR, Carole RIVALIN, Mathilde ROSIER, Karine ROUGIER, Elsa SAHAL, Ludovic SAUVAGE, Marta SPAGNOLI, Pierre SEINTURIER, Massinissa SELMANI, Cindy SHERMAN, SHIMABUKU, Kelly SINNAPAH MARY, Saule SULEIMENOVA, Claire TABOURET, Ida TURSIC & Wilfried MILLE, Pierre VERMEULEN, Christophe VIART, Oriol VILANOVA, Danh VO, Lois WEINBERGER, Duncan WYLIE, Tim ZDEY

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